Skinhead (des mots anglais skin (peau) et head (tête) : cuir chevelu (à nu)) désigne à l'origine un jeune prolétaire britannique aux cheveux tondus. À noter qu'au début du mouvement n'avaient le crâne rasé que ceux qui effectuaient leur service militaire.
La mode skinhead est partie du Royaume-Uni, mais en s'étendant au reste du monde elle a connu des adaptations importantes.
Il est hasardeux d'utiliser l'expression « mouvement skinhead » sans autre précision, puisqu'elle impliquerait une union des skinheads, ou une identité commune. Il n'y a plus, loin s'en faut, ni unité, ni communion entre tous ceux qui se réclament de l'identité skinhead depuis la fin des années 1960.
Certains imaginent une filiation très ancienne à la mode skinhead. Déjà pendant la Première révolution anglaise (1641-1649), les partisans du Parlement menés par Oliver Cromwell étaient appelés les round heads (têtes rondes) par leurs ennemis en raison de leur coupe de cheveux courte opposée à la longue chevelure des aristocrates partisans du roi Charles Ier d'Angleterre. La ressemblance avec les skinheads s'arrête là car les partisans de Cromwell, même s'ils recrutaient beaucoup parmi les classes populaires, étaient avant tout des protestants puritains qui refusaient les prétentions absolutistes du roi et la possibilité d'un rétablissement du catholicisme en Angleterre.
Il y aurait également mention d'individus répondant à la définition et à l'appellation du skinhead dès le début du XXe siècle dans la presse du Royaume Uni. Le terme désignait de jeunes voyous issus des quartiers pauvres et aux cheveux courts, l'équivalent des « Apaches de la zone » en France. Néanmoins, dans son acception moderne, skinhead s'applique à un mouvement de jeunesse né à la fin des années 1960 au Royaume Uni. Tout part de la rencontre des rude boys, jeunes noirs d'origine antillaise (surtout jamaïcaine), et des hard mods, jeunes blancs fans de scooters et de soul music.
Dix ans plus tard les skinheads antiracistes dénient aux skinheads d'extrême-droite le droit de s'appeler skinheads et les qualifient de boneheads (littéralement « crânes d'os », ce qui familièrement signifie « crétins » et a le sens en français de « tête de nœud »). À l'inverse, les skinheads d'extrême-droite se considèrent comme les seuls skinheads authentiques et nomment les skinheads antiracistes redskins (littéralement « peaux rouges », c'est-à-dire « communistes »).